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Après 27 années d'existence et d'évolutions (notamment dans la configuration des lieux d'exposition : lieu unique, lieux divers), le festival Photofolies s'est imposé comme un événement incontournable et attendu dans le paysage culturel ruthénois et aveyronnais.

Il n'y a pas de secret à cette longévité : ce qui l'aura permise, c'est son ambition, concrétisée notamment dans la qualité incontestable de ses têtes d'affiche, ambition qui permet d'afficher aujourd'hui, après 27 années de programmation, une liste impressionnante de grands noms de la photographie (Depardon, Doisneau, Clergue, Salgado, Koudelka, Klein, Batho, pour n'en citer que quelques-uns).

Ce travail de pérennisation d'un festival photographique, c'est évidemment celui du fondateur, Jean Cazelles, qui aura su faire rayonner Rodez et le département de l'Aveyron au-delà de leurs frontières. Rares sont ainsi les photographes qui n'ont jamais entendu parler du festival, rares sont les revues nationales spécialisées qui ne consacrent pas un espace à chaque édition du festival, rares sont les institutions culturelles qui ignorent cet événement.

Mais, force est de constater qu'aujourd'hui, le festival Photofolies ne peut plus aborder son avenir avec sérénité : le soutien des collectivités territoriales, qui l'ont accompagné jusque-là, n'est en effet pas à la mesure de « l'envergure à laquelle il peut légitimement aspirer au regard de la place à accorder à la photographie dans les pratiques artistiques et culturelles d'un territoire » (extrait d'une conclusion d'un audit culturel mené sur la politique culturelle de Rodez et de son agglomération) et ne permet pas de le sortir d'une forme de précarité.

Cette situation est d'autant plus difficile à vivre pour les organisateurs que l'association Photofolies12 n'a pas attendu cette année pour alerter ses partenaires publics de cette précarité du festival au regard des exigences de programmation et d'organisation qu'il exige, d'une part, et d'autre part, que cette situation survient après une édition 2015 marquée par un volontarisme clairement affirmé, une édition 2015 qui avait su conquérir, par exemple, de nouveaux publics à travers des lieux d'exposition extérieurs, accueillis avec beaucoup d'enthousiasme, une édition 2015 qui avait fait passer sur les différents lieux du festival au moins 15000 visiteurs (en réalité bien davantage, du fait des expositions extérieures).

Le 13 mai était paru dans la presse un article faisant état d' « un manque de soutien » : l'association avait démenti les rumeurs qui étaient à l'origine de l'article et qui évoquaient la suppression d'une subvention, mais avait confirmé ses difficultés. Depuis, l'association a eu l'occasion de rencontrer des représentants de la mairie afin de discuter du projet Photofolies, des difficultés rencontrées, ainsi que des évolutions possibles. Il semblait que des perspectives encourageantes étaient esquissées.

Mais l'association a appris hier que, finalement, la Mairie de Rodez, non seulement n'organiserait pas d'exposition dans le cadre du festival, mais en plus n'attribuerait pas de subvention (2000 euros / an), cette année, donnant finalement raison aux rumeurs initiales que l'association avait tenues à démentir au mois de mai.

Une telle décision pourrait n'être pas loin d'une condamnation.

Une telle décision est un désaveu.

Une telle décision est un désaveu quand on sait le montant d'autres subventions ou aides exceptionnelles apportées par ailleurs.

Une telle décision, à ce moment-là de la préparation de la prochaine édition (déjà retardée par le positionnement incertain de la Mairie sur les formes de son éventuelles participation) est une forme de mépris pour ceux qui ont donné de leur temps et de leur énergie dans les réunions pour échanger autour de nouvelles pistes.

Dans ce contexte, Jean Cazelles, fondateur et Président d'honneur des Photofolies, ne peut que déclarer : « Après un parcours passionnant qui nous a conduit à une reconnaissance des institutions culturelles nationales (Ministère de la Culture, Centre National des Arts Plastiques, Société Française de Photographie...), voire internationales (Musée de l'Elysée de Lausanne), personne n'imagine combien est grande ma contrariété face à un tel désaveu. Je ne doute pas un seul instant de l'amertume que doivent partager tous les artistes attentionnés et tous les acteurs dévoués, qui souvent de loin - et depuis près de trois décennies - sont venus marcher en Rouergue dans les pas d'éminentes et amies figures tutélaires, telles que Lucien Clergue et Jean Dieuzaide. "Je pense, disait celui-ci, que votre chemin est le bon... pour moi il sent bon l'authentique... peu importe les éventuelles ornières ". Puisse cette conclusion prémonitoire ne pas être fatale à ce rendez-vous inscrit dans l'horizon culturel annuel du public ruthénois ! ».

 

Sylvain Lagarde

Président de l’Association PHOTOfolies12